Le numérique à l’école
Sep 2015

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Le numérique à l’école

Partout en France, le numérique fait son entrée à l’école, mais Saint-Martin semble, pour le moment, avoir un léger train de retard. Le collège de Quartier d’Orléans a toutefois été retenu pour faire partie du réseau des écoles connectées.

Même si la priorité affichée de l’Éducation nationale en cette rentrée scolaire porte toujours sur les apprentissages fondamentaux : lire, écrire, parler correctement la langue française, compter, calculer, l’école veut maintenant donner à chaque enfant les clés pour réussir dans une société où le numérique prend une part de plus en plus importante «La révolution numérique est une chance pour l’école parce que les nouveaux outils offrent un potentiel de renouveau pédagogique important, pouvant améliorer l’efficacité et l’équité du système éducatif», indique la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem. «Elle est aussi un défi parce que le développement rapide des usages du numérique oblige notamment à repenser les méthodes et les programmes d’enseignement, produire de nouvelles ressources, rénover les modes d’évaluation ou encore revoir l’organisation des espaces et des temps scolaires», ajoute-t-elle.

Plan d’aménagement numérique

A Saint-Martin, l’inclusion des écoles dans le dispositif dépend intrinsèquement du développement du schéma directeur territorial d’aménagement numérique (SDTAN) qui lui, dépend de façon plus au moins prononcée du PLU (plan local d’urbanisme). Ce schéma se compose d’un inventaire des réseaux existants en partie française de l’île. Il permettra d’évaluer les besoins en termes financiers et le chantier à conduire d’ici 2022. Le dépôt du dossier afin de solliciter des fonds de l’Etat dans le cadre du Plan France très haut débit doit être envoyé au plus tard le 31 décembre prochain. Le coût global du projet a été estimé à 14 millions d’euros et la Collectivité serait amenée à participer à hauteur de 6 millions. Le schéma directeur territorial d’aménagement numérique a été adopté à l’unanimité lors du dernier conseil territorial avant la trêve estivale, le 25 juin. Cette décision, fait entrer Saint-Martin dans l’ère du numérique.

Fibre optique

Déjà certains établissements scolaires, à l’instar de l’école élémentaire de Cul-de-Sac, la primaire et la maternelle de Grand Case, bénéficient du raccordement au très haut débit. Mais d’autres, comme le Collège Soualiga voient la fibre optique arriver à leurs portes mais ne les franchit pas. «Il manque la dernière connexion. C’est dommage», regrette le représentant du recteur dans les Îles du Nord, Jean-Marie Jespere. En effet, l’entreprise de télécommunication locale, Dauphin Telecom développe de façon exponentielle la fibre optique sur le territoire, mais une fois amenée à la porte, c’est du ressort de la Collectivité de financer le câblage qui permettra le haut débit au sein de l’établissement, car elle est en charge des travaux, des bâtiments et du mobilier. Pendant ce temps, c’est l’établissement qui paie l’abonnement sur ses propres deniers. «Dans le premier degré, il y a deux écoles qui ont été dotées de tablettes sur des fonds du programme de réussite éducative», annonce-t-il. «Il y a eu enfin au mois de juin des réunions sur le numérique avec l’adjointe au délégué au numérique du rectorat, Claudy Movrel», ajoute-t-il. Les choses semblent se mettre en place, mais encore une fois, les Îles du Nord sont à la traîne et ce, pas nécessairement de leur fait.

3 questions à…

Camille Galap,
recteur de l’académie de Guadeloupe

«Nous ne mettons pas les
Collectivités devant le fait accompli»

Le Pélican : Comment voyez-vous l’arrivée du numérique à l’école ?
Camille Galap : Plus que les aspects matériels, c’est la pédagogie par le numérique au service d’une réussite de tous les élèves qui est vraiment fondamentale.

Comment les écoles connectées se mettent-elles en place au sein de l’académie ?
Quatre collèges connectés ont été retenus et notamment celui de Quartier d’Orléans. Ils auront un abondement financier pour obtenir du matériel notamment des tablettes financées par l’Etat et les Collectivités.

Nous avions cru comprendre que c’était à la Collectivité de financer ce matériel, les tablettes numériques par exemple, l’Etat participerait donc aussi ?
L’Etat apporte une contribution financière. Les montants sont connus. Mais dans le cadre de ce projet, il est prévu un engagement des Collectivités pour accompagner sa mise en œuvre. Nous ne mettons pas les Collectivités devant le fait accompli. Elles ont été associées à l’élaboration des dossiers pour que soient retenus des collèges connectés sur leurs territoires. Mais il n’est pas seulement question de l’aspect matériel, comme les tablettes, mais aussi le plan de formation des enseignants qui nécessite des moyens.

Le code, un métier d’avenir

Eve Riboud, la directrice générale de Dauphin Telecom est formelle : «l’avenir pour les jeune, c’est le code.» «Cela peut offrir des débouchés formidables à ceux qui ne sont pas forcément très bons à l’école», ajoute-t-elle. Feu Steve Jobs, avait dit : «je pense que dans ce pays tout le monde devrait apprendre la programmation informatique car cela apprend à penser». Il parlait des Etats-Unis et Barack Obama, le président, l’avait entendu en lançant dès 2013, un vaste plan pour inciter les jeunes Américains à apprendre à programmer. A la rentrée 2014, le Royaume-Uni a démarré l’enseignement de l’informatique dans ses écoles. L’Estonie, pionnière en la matière, a introduit le code comme discipline scolaire dès la rentrée 2012.
Pour les plus petits, cet enseignement peut passer par des outils qui simplifient le code, comme Scratch où les enfants manipulent des blocs de code tout prêts pour arriver à leurs fins. Cela peut aussi passer par l’apprentissage des algorithmes. Mais la France, consciente que les jeunes doivent apprendre à décoder le monde dans lequel ils vivent, parle plus volontiers de numérique que d’informatique. Se basant sur le rapport Jules Ferry 3.0 du Conseil National Numérique (CNNum) issu de débats avec une centaine d’intervenants, le ministère de l’Education souhaite surtout former les futurs citoyens à une littératie numérique. Soit l’aptitude à comprendre et à utiliser ces savoirs dans la vie courante en vue d’atteindre des buts personnels et d’étendre ses connaissances et ses capacités.

Source : Le Pelican